À propos
Les plantes carnivores forment un groupe écologique d'environ 900 espèces réparties sur tous les continents sauf l'Antarctique, des tourbières boréales de Sibérie aux falaises tropicales de Bornéo, en passant par les savanes saisonnières d'Amérique du Sud et les marais côtiers d'Australie. Ce qui les unit n'est pas une parenté évolutive commune — la carnivorisme végétal est apparu au moins six fois indépendamment dans l'arbre du vivant — mais une même pression de sélection : coloniser des milieux gorgés d'eau et de lumière, mais quasi dépourvus d'azote et de phosphore biodisponibles.
Biologie & caractéristiques
La diversité des solutions évolutives est remarquable. Les pièges à urnes (Nepenthes des forêts tropicales de basse et haute altitude, Sarracenia des marais tourbeux nord-américains, Heliamphora des tepuys guyanais, Cephalotus des marécages australiens, Darlingtonia des sources froides californiennes) retiennent l'eau et les enzymes dans une cavité passive. Les pièges collants — actifs chez Drosera dont les tentacules se referment lentement, passifs chez Pinguicula et Byblis — exploitent des mucilages visqueux. Dionaea muscipula et Aldrovanda vesiculosa sont les seules plantes à piège à ressort à refermeture rapide. Enfin, les pièges à succion d'Utricularia, aquatiques ou terrestres, et les pièges à spirale de Genlisea capturent des micro-organismes par dépression. Chaque genre a évolué dans un biotope précis — fosse d'ultramafiques, tourbière ombrotrophique, sol sableux oligotrophe, fissure de roche —, ce qui implique des exigences de culture radicalement différentes d'un genre à l'autre, voire d'une espèce à l'autre au sein d'un même genre.





















